L’exposition forcée aux violences sexuelles désigne une forme de violence sans contact physique direct, consistant à contraindre une personne, sans son consentement, à être témoin d’actes ou de contenus de violence sexuelle. Tout comme les actes exposés, l’exposition forcée est une forme de violence sexuelle et une violation de l’autonomie et de l’intégrité sexuelles [1].
En contexte de conflit, cette pratique est utilisée comme une stratégie d’humiliation, de domination, d’intimidation, de destruction et de terreur [2]. De nombreux exemples font état de personnes forcées à assister au viol de membres de leur famille, de proches ou simplement d’autres personnes co-détenues [3].
La jurisprudence internationale a reconnu la gravité de cette forme de violence sexuelle. Dans l’affaire Le Procureur c. Furundžija, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a établi que le fait de forcer une personne à observer les violences sexuelles infligées à une autre personne, d’autant plus lorsque cette personne est connue ou proche, entraîne de graves souffrances mentales [4]. Cette analyse s’est progressivement consolidée. En 2025, la Cour pénale internationale (CPI) a ainsi reconnu dans l’affaire Ali Kushayb que le fait de commettre des actes de violences, y compris sexuelles, en public ou en présence de témoins, engendre de grandes souffrances et une atteinte grave à la santé mentale constitutives d’actes inhumains [5].