La contraception désigne les mesures prises afin de prévenir les grossesses de manière permanente (par exemple, par la stérilisation) ou temporaire (par des méthodes réversibles comme : les pilules contraceptives, les implants, les injections, les diaphragmes ou les dispositifs intra-utérins) [1]. La possibilité de décider librement de recourir ou non à la contraception est un droit sexuel, reproductif et familial reconnu par le droit international [2]. En tant que tel, la contraception forcée est une violation des droits humains et une forme de violence reproductive qui engage la responsabilité de l’État de prévenir, sanctionner et réparer les cas où elle se produit [3].
La contraception forcée a été utilisée pour différentes raisons, y compris pour contrôler la croissance démographique (voir par exemple les politiques adoptées dans le nord de l’État de Rakhine contre la population rohingya [4]), pour garantir que les femmes et les filles restent « disponibles » pour le sexe et la traite (comme c’est le cas des femmes yézidies placées sous le contrôle de Daech [5]) ou comme mesure visant à garantir que les femmes et les filles puissent exercer certaines fonctions au sein de groupes armés (par exemple, dans les groupes armés dans le cadre du conflit interne en Colombie [6]). Dans ces contextes, comme le montre la pratique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), lorsque la contraception échoue, les victimes sont souvent soumises à un avortement forcé [7]. Consciente de cette réalité, la Cour constitutionnelle colombienne a adopté une décision historique dans laquelle les juges ont estimé que les victimes de violations des droits sexuels et reproductifs (y compris la contraception forcée), qu’il s’agisse de civils ou d’anciens combattants, devraient être reconnues comme des « victimes du conflit armé » au regard de la loi et donc avoir accès à des réparations [8].